Home Questions/Réponses Rav Brand Conquête d’Israël par Josué et les Croisades, quelle différence ?

Conquête d’Israël par Josué et les Croisades, quelle différence ?

Par Rav Yéhiel Brand

Question:

Je trouve que la guerre de conquête menée par Yéhochou’a pour prendre Israël ressemble beaucoup, dans l’esprit et dans la forme, aux croisades effectuées par les chrétiens pour reprendre la terre d’Israël.

J’aimerais une réponse claire, tangible, et explicable qui ne repose pas simplement sur le fait que c’est un ordre Divin qui a contraint le peuple à mener cette guerre (les croisés aussi agissaient sur l’ordre du pape au nom de dieu).

Merci d’avance pour le temps que vous prendrez pour répondre à ma question.

Réponse:

Bonjour,

N’amalgamons pas histoire et délire.

Dans l’histoire, l’envoyé de D.ieu a détruit le pays d’Egypte à la vue de tout le monde, en produisant des miracles absolues. Puis, il a fait passer des millions de personnes sur une route sèche au milieu de la mer, il a installé un peuple devant la montagne et leur a fait entendre la voix de D.ieu. Pendant quarante ans, il a nourri le peuple dans le désert avec du pain du ciel. Après son étude avec D.ieu pendant quarante jours, sans manger ni boire, le visage de l’envoyé rayonnait de sorte qu’on ne pouvait pas le regarder sans qu’il ne le cache.

Puis, quelqu’un imite ses discours, comme s’amuse un guignol. Certains le suivent et se mettent à voler, violer, tuer et humilier, parce qu’ils ne prenaient pas le pantin au sérieux…

Venons aux raisons “tangibles et explicables”.

Le Talmud dit : “Les nations païennes à travers le monde – à part ceux en Israël – ne pratiquent leurs cultes que par tradition parentales” (‘Houlin, 13). Rachi explique : “L’authentique culte païen ne fut pratiqué que par les sept nations qui habitaient jadis sur la terre d’Israël, avant que les juifs ne s’y installent” (Rachi, Kiddouchin 68b, Dedarich).

Le culte des sept nations était d’une perversité absolue, et pour apaiser les dieux, les nations pratiquaient l’inceste, l’adultère, la zoophilie, l’homo (oui), et des sacrifices humains.

“Vous ne ferez point ce qui se fait dans le pays de Canaan où Je vous mène : vous ne suivrez point leurs usages. Nul de vous ne s’approchera de sa parente, pour découvrir sa nudité. Tu ne découvriras point la nudité de ton père, ni la nudité de ta mère. C’est ta mère : tu ne découvriras point sa nudité. Tu ne découvriras point la nudité de la femme de ton père. C’est la nudité de ton père. Tu ne découvriras point la nudité de ta sœur, fille de ton père ou fille de ta mère, née dans la maison ou née hors de la maison. Tu ne découvriras point la nudité de la fille de ton fils ou de la fille de ta fille. Car c’est ta nudité. Tu ne découvriras point la nudité de la fille de la femme de ton père, née de ton père. C’est ta sœur. Tu ne découvriras point la nudité de la sœur de ton père. C’est la proche parente de ton père. Tu ne découvriras point la nudité de la sœur de ta mère. Car c’est la proche parente de ta mère. Tu ne découvriras point la nudité du frère de ton père. Tu ne t’approcheras point de sa femme. C’est ta tante. Tu ne découvriras point la nudité de ta belle-fille. C’est la femme de ton fils : tu ne découvriras point sa nudité. Tu ne découvriras point la nudité de la femme de ton frère. C’est la nudité de ton frère. Tu ne découvriras point la nudité d’une femme et de sa fille. Tu ne prendras point la fille de son fils, ni la fille de sa fille, pour découvrir leur nudité. Ce sont tes proches parentes : c’est un crime. Tu ne prendras point la sœur de ta femme, pour exciter une rivalité, en découvrant sa nudité à côté de ta femme pendant sa vie. Tu ne t’approcheras point d’une femme pendant son impureté menstruelle, pour découvrir sa nudité. Tu n’auras point commerce avec la femme de ton prochain, pour te souiller avec elle. Tu ne livreras aucun de tes enfants pour le faire passer à Molékh, et tu ne profaneras point le nom de ton D.ieu. Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme ; c’est une horreur. Tu ne coucheras point avec une bête, pour te souiller avec elle. La femme ne s’approchera point d’une bête, pour se prostituer à elle, c’est une répugnance. Ne vous souillez par aucune de ces choses, car c’est par toutes ces choses que se sont souillées les nations que je vais chasser devant vous. Le pays en a été souillé; je punirai son iniquité, et le pays vomira ses habitants. Vous observerez donc Mes lois et Mes ordonnances, et vous ne commettrez aucune de ces abominations, ni l’indigène, ni l’étranger qui séjourne au milieu de vous. Car ce sont là toutes les abominations qu’ont commises les hommes du pays, qui y ont été avant vous; et le pays en a été souillé. Prenez garde que le pays ne vous vomisse, si vous le souillez, comme il aura vomi les nations qui y étaient avant vous” (Lévitique, 18), “Elles (les 7 nations) servaient leurs dieux en faisant toutes les abominations qui sont odieuses à D.ieu, et même elles brûlaient au feu leurs fils et leurs filles en l’honneur de leurs dieux” (Deutéronome, 12).

Cependant, Josué n’a pas attaqué ces nations sans leur laisser une chance.

Josué a adressé trois propositions avant d’entrer en terre d’Israël. La première était : “Que celui qui veut fuir, fuie”. Puis il a annoncé : “Que celui qui veut traiter avec nous vienne traiter”. Puis il a envoyé : “Que celui qui veut la guerre vienne se battre” (Maïmonide, Choftim, 6, 5). “Les Givonim ont choisi la paix, le Girgachi est parti, et D.ieu l’a récompensé et lui a donné un pays bien comme Israël, les 31 rois ont fait la guerre et ont perdus” (Yerouchalmi, Chévi’it, 6, 1).

Le monde n’a pu se civiliser et instaurer des lois et de l’humanisme sans que ces nations ne disparaissent. Josué a ainsi fait une œuvre civilisatrice de premier ordre.

A celui qui reprochera aux juifs d’avoir imaginé une description honteuse pour justifier leur conquête, tu rétorqueras : “sans la Bible, tu ne sauras pas que les juifs ont détruit les sept nations. Si tu lui fais confiance pour sa description de la conquête, fait lui aussi confiance pour sa description de ces peuples”.

Kol Touv.

Related Articles