Home Questions/Réponses Rav Brand Donner la Tsédaka à un fumeur ?

Donner la Tsédaka à un fumeur ?

Par Rav Yéhiel Brand

Question:

Que pensez-vous du fait de donner de la Tsédaka à un mendiant en sachant qu’il est fumeur ?L’argent n’ira pas nécessairement pour la cigarette, mais les chances sont probables.

Merci.

Réponse :

Bonjour,

La Guémara (Ketoubot 67b) rapporte plusieurs anecdotes :

Mar Oukva envoyait chaque veille de Kippour 400 zouz à son pauvre voisin. Une fois, il l’envoya dans les mains de son fils, qui revint en disant à son père : “Il n’a pas besoin”.

– Qu’as-tu vu ?

– Qu’il parfume sa maison avec du vin de qualité.

– Quoi ! A tel point il est gâté ?, s’écria le père.

Il doubla alors la somme et la lui envoya.

 

Un pauvre se présenta devant Rabbi Néhémia, qui lui demanda : “Que manges-tu d’habitude ?”. Il dit : “De la viande grasse et du vin de qualité.” “Veux-tu bien être nourri avec moi avec des lentilles ?”. Il lui donna des lentilles, et il mourut.

Rabbi Néhémia dit : “Gare à ce type que je viens de tuer, car enfin, il n’avait pas à se gâter à tel point”.

 

Un pauvre venait chez Rava qui lui demanda : “Que manges-tu d’habitude ?”. Il dit : “Une poule farcie et du vin de qualité”. Rava s’étonna : “Ne tiens-tu pas compte de l’effort de la communauté ?” Le pauvre répondit : “Est-ce que je mange le leur ? Je ne mange que ce qu’Hachem m’envoie, comme dit le verset : Les yeux de tous espèrent en Toi, et Tu leur donnes la nourriture en son temps (Téhilim 145, 15).”

A ce moment, la sœur de Rava qui n’était pas venue lui rendre visite depuis 13 ans lui apporta une poule farcie et du vin de qualité. Rava dit : “Je te donne raison, voici ton repas”.

 

Celui qui fume a un certain besoin de le faire, qui parfois est justifié ; la cigarette le calme, lui coupe l’appétit etc. La Mitsva de Tsédaka est de donner “Achèr Yé’hssar Lo”, “ce qui lui manque”. Un grand riche qui n’avait l’habitude de faire ses courses que sur un cheval avec un serviteur comme cocher, avait perdu son argent ; Hillel l’a conduit personnellement (Kétoubot 67b), voir Choul’han Aroukh Yoré Déa 250, 1.

Les Amoraim cités ont essayé de rééduquer le pauvre, avec plus ou moins de résultat. Une rééducation sera utile pour le pauvre, et c’est une Mitsva de lui apprendre comment faire. Quand on voit quelqu’un qui gère mal son argent et le gaspille, nous avons une Mitsva de “Hachavat Avéda”, de lui apprendre à le gérer intelligemment. Mais s’il n’arrive pas à changer son habitude, comme ce riche devenu pauvre, nous avons une Mitsva de l’aider.

Kol Touv.

 

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