Home Questions/Réponses Rav Brand Après Machia’h : peut-on faire Techouva ?

Après Machia’h : peut-on faire Techouva ?

Par Rav Yéhiel Brand

Question:

Bonjour,

Je voudrais comprendre le principe suivant :

On nous dit que lorsque Machia’h viendra nous ne pourrons plus faire Téchouva. Qu’est-ce que cela veut dire concrètement ?

Au contraire, quand il sera là les gens seront encore plus convaincus et reviendront vers Hachem plus facilement.

De l’autre côté on fera également des Korbanot et certains ne sont offerts que lorsqu’on faute.

Comment fera-t-on puisque le mal aura disparu ?

Merci de votre réponse et Chavoua Tov.

Réponse:

Bonjour,

a) Vous écrivez : « On nous dit que lorsque Machia’h viendra nous ne pourrons plus faire Téchouva ».

Vos paroles ne sont pas exactes, car en effet, il y a différentes phases pour la Téchouva. Ceux qui feront Téchouva avant que Machia’h ne vienne auront un mérite spécial, puis pendant et après sa venue, succèderont plusieurs stades pendant lesquels les juifs feront de nouveau Téchouva, comme la Torah le développe expressément :

« Lorsque toutes ces choses t’arriveront, la bénédiction et la malédiction que Je mets devant toi, si tu les prends à cœur au milieu de toutes les nations chez lesquelles l’Éter-nel, ton D-ieu, t’aura chassé, si tu reviens à l’Éter-ènel, ton D-ieu, et si tu obéis à Sa voix de tout ton cœur et de toute ton âme, toi et tes enfants, selon tout ce que Je te prescris aujourd’hui, alors l’Éter-nel, ton D-ieu, ramènera tes captifs et aura compassion de toi, Il te rassemblera encore du milieu de tous les peuples chez lesquels l’Éter-nel, ton D-ieu, t’aura dispersé. Quand tu serais exilé à l’autre extrémité du ciel, l’Éter-nel, ton D-ieu, te rassemblera de là, et c’est là qu’Il t’ira chercher. L’Éter-nel, ton D-ieu, te ramènera dans le pays que possédaient tes pères, et tu le posséderas; Il te fera du bien, et te rendra plus nombreux que tes pères. L’Éter-nel, ton D-ieu, circoncira ton cœur et le cœur de ta postérité, et tu aimeras l’Éter-nel, ton D-ieu, de tout ton cœur et de toute ton âme, afin que tu vives. L’Éter-nel, ton D-ieu, fera tomber toutes ces malédictions sur tes ennemis, sur ceux qui t’auront haï et persécuté. Et toi, tu reviendras à l’Éter-nel, tu obéiras à Sa voix et tu mettras en pratique tous ces commandements que Je te prescris aujourd’hui. L’Éter-nel, ton D-ieu, te comblera de biens en faisant prospérer tout le travail de tes mains, le fruit de tes entrailles, le fruit de tes troupeaux et le fruit de ton sol; car l’Éter-nel prendra de nouveau plaisir à ton bonheur, comme Il prenait plaisir à celui de tes pères, lorsque tu obéiras à la voix de l’Éter-nel, ton D-ieu, en observant Ses commandements et Ses ordres écrits dans ce Livre de la Thora, lorsque tu reviendras à l’Éter-nel, ton D-ieu, de tout ton cœur et de toute ton âme » (Dévarim, 30, 1-10).

Concernant la question si les Mitsvot faites à l’époque du Machia’h donneront des mérites ou pas, apparemment, il y a deux avis dans la Guémara, car le roi Chlomo dit :

« Viendront des années que tu diras, j’en n’ai plus de volonté » (Kohélet, 12, 1).

Et la Guémara Chabbath (151b) commente ce verset :

« Rabbi Shimon ben Eléazar dit : Ces versets s’appliquent aux jours de l’époque du Machiah, où il n’y aura plus de volonté, ni mérites ni péchés. Ses paroles s’opposent à l’avis de Shmouel, qui dit : il n’y a pas de différence entre ces temps-ci et l’époque du Machiah, sauf la soumission aux nations ».

Le Ramban (Nahmanide, Dévarim, 30, 6) explique l’avis de Rabbi Shimon ben Eléazar par le fait que le Yétser Hara’ sera aboli, comme dit le prophète : « Je vous donnerais un nouveau cœur, et Je ferais à ce que vous marcherez dans Mes chemins ». L’homme n’aura plus de ‘volonté de pêcher”, donc apparemment plus de mérite.

Mais d’après Chmouel, le Yétser ne serait pas entièrement aboli, donc on aura du mérite. Mais est-ce que nous aurions plus ou moins de mérite ?

Lisons donc le Rambam (Maimonide, Mélakhim, 12, 1-2) qui rapporte l’avis de Chmouel, que la différence entre notre époque et l’époque du Machia’h se trouve dans le fait que les juifs ne seraient plus soumis aux nations. D’après ce que vient de dire la Guémara citée dans Chabbath, on doit donc conclure, qu’il y aura des mérites pour les bonnes actions.

En effet, le Rambam écrit que les juifs, leurs prophètes et leurs sages ont désiré vivre pendant l’époque du Machia’h, car il serait alors facile d’appliquer les Mitsvot, et les gens gagneront facilement les mérites pour le monde futur :

« Les Sages et les Prophètes n’ont désiré l’époque de Machia’h, ni pour dominer le monde, ni pour opprimer les Nations, ni pour être magnifiés par les peuples, ni pour manger, boire et se réjouir, mais pour être adonnés à la Torah et sa Sagesse, sans être opprimés ou perturbés, pour en avoir le mérite dans la vie future, comme nous l’avons expliqué dans les Lois de la Techouva », (Mélakhim, 12, 4-5) ; « C’est pour cela que tous les juifs, leurs prophètes et leurs sages ont désiré l’époque du Machiah, afin de ne plus être importuné par les nations, qui les empêchent d’appliquer correctement les mitzvot, et pour qu’ils pourraient trouver le calme, afin de s’adonner à la sagesse de la Thora, et de mériter le monde futur… » (Rambam Téchouva, 9, 2).

b) Mais à première vue, nous nous trouvons devant un certain paradoxe. Le Rambam dit que les prophètes et les sages ont désiré vivre pendant l’époque messianique, car il sera facile d’appliquer des Mitsvot, et ainsi ils mériteront une grande part dans le monde futur. Pourtant, le Yétser Hara’ sera diminué ! La grandeur de la récompense ne dépandrait-elle pas de la grandeur du  Yétser Hara’ ?

Mais il semble qu’il y a deux sortes de mérites. Prenons un exemple : Un richard à deux fils, l’un est un génie qui comprend tout sans effort, et l’autre est un simple, qui, bien qu’il s’active avec labeur, n’arrive jamais aux résultats du premier. A la fin, le premier sera diplômé de hautes études et recevra un salaire en conséquence, et le deuxième, un petit salaire, en correspondance avec son diplôme. Cependant, le père octroiera une récompense extraordinaire à ce deuxième, du fait qu’il a mis un tel effort dans son travail, une prime d’effort.

Le Gaon de Vilna développe en effet l’idée, avec de nombreuses preuves à l’appui, dans un long commentaire sur Divré Hayamim, 2, 15, 7, qu’en dehors du fait que Hachem payera pour chaque Mitsva d’après un “tarif fixe”, Il réserve pour Ses fidèles une espèce de “prime de fidélité”.

Ainsi, tout s’éclaire. En ce qui concerne la récompense que les prophètes ont désiré recevoir pour les Mitsvot faites pendant l’époque du Machia’h, il ne s’agit en fait que de la récompense fixe, celle qui correspond à la réussite. Elle sera immense pour l’époque du Machia’h, du fait de la facilité, qui permet alors d’aller très loin. Quant à la récompense citée dans Kohélét, qui  décrit l’époque du Machia’h comme une époque “sans mérite”, il ne s’agit en fait que du méritz de l’effort, de la prime de fidélité, qui n’a plus lieu d’être pendant l’époque du Machia’h.

Ainsi, même d’après Rabbi Chimon ben Eléazar, pour qui l’époque de Machia’h n’apporte pas de mérite, cela ne concerne que le mérite de la “prime”, mais pas le mérite pour avoir acquis de la sagesse, et avoir réussi à faire les Mitsvot.

c) Mais on pourrait demander : Hachem n’a-t-Il pas promis de donner aux juifs les terres de dix nations (Beréchit 15, 18-21), mais Il n’a donné à Yéhochou’a bin Noun que la terre de sept nations ? Les trois autres, la terre du Kini, Kenizi et de Kadmoni ne seront donc données forcement qu’à l’époque du Machia’h, comme l’explique le Rambam (Mélakhim, 11). Mais la Torah écrit, quand viendra le temps où Hachem donnera aux juifs toutes ces terres promises, il faudra ajouter encore trois autres villes de refuge :

« Lorsque l’Éter-nel, ton D-ieu, aura élargi tes frontières, comme Il l’a juré à tes pères, et qu’Il t’aura donné tout le pays qu’Il a promis à tes pères de te donner, pourvu que tu observes et mettes en pratique tous ces commandements que Je te prescris aujourd’hui, en sorte que tu aimes l’Éter-nel, ton D-ieu, et que tu marches toujours dans Ses voies, tu ajouteras alors encore trois villes à ces trois-là, afin que le sang innocent ne soit pas répandu au milieu du pays que l’Éter-nel, ton D-ieu, te donne pour héritage, et que tu ne sois pas coupable de meurtre ». (Dévarim, 19, 8-10).

Il faudrait donc déduire logiquement qu’il pourrait exister à l’époque du Machia’h un homicide, ce qui montrerait une certaine négligence de la part d’un homme.

Nous devons alors conclure qu’il y aurait des imperfections qui pourraient amener l’homme à fauter, au moins par inadvertance, et ainsi il apporterait un sacrifice.

Kol Touv.

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