Home Les Fêtes'Hanouca La Haftara de Hanouca

La Haftara est un chapitre de Zéharia, le prophète qui a évolué à Jérusalem à l’époque de l’inauguration du deuxième Temple. Un ange lui recommande d’exhorter Josué, le Grand-prêtre, et ses enfants à plus de respect pour la Thora. Puis, l’ange lui montre une Menora en or, qui se remplit avec l’huile qui dégouline de deux oliviers qui l’entoure. Le prophète étant perplexe, l’ange le sollicite d’avertir Zorobabel, le roi des juifs, que la victoire ne viendra pas par la force, mais par l’esprit Divin : « Et Josué portait des vêtements sales …, si tu iras dans Mon chemin …, tu te tiendras parmi ces anges… . Voilà un chandelier en or avec sept récipients …, et deux oliviers autour d’elle…, mais cela représente quoi …? Voici la parole d’Hashem à Zorobabel : ce n’est pas par l’armée, ni par la force que viendra la victoire, mais par Mon esprit, dit Hashem ».

La scène et l’explication sont pour le moins mystérieuses ; nous essayerons de les éclaircir. Zorobabel est un descendant du roi David, de la tribu de Juda, à qui Jacob a attribué la royauté : « le sceptre ne disparaitra pas de Juda », (Beréchit, 49,10). Au roi incombe la tâche de défendre le peuple avec une armée, composée ordinairement par des soldats de toutes les tribus, sauf celle de Lévy qui en est exempte. Mais Moshe a bénit aussi l’armée de Levi : « qu’Hashem bénisse son armée, et qu’Il accepte les actions de sa main agréablement ; qu’il écrase la hanche de ses adversaires, afin que ses ennemis ne se relèvent plus jamais », (Dévarim 33,11).

Ce verset indique, que pour une fois, c’est à la tribu de Lévy de guerroyer. Comme Rachi le rapporte en nom du Midrach, il s’agit de la guerre dirigée par Matitya et ses enfants, contre les grecs. Pourquoi cette guerre est-elle différente des autres ? Car généralement, les ennemis cherchaient à piller les juifs et de les soumettre à un impôt. C’est alors au plus solide militairement, la tribu de Juda comparé au lion, à qui échoit de piloter l’armée.

Mais ce n’est pas ainsi que fut le désire des Grecs. Ce qui les intéresser surtout c’était de faire oublier aux juifs leur Torah. Ceux qui l’ont étudié ou pratiqué furent exterminé, mais les juifs hellénisants qui l’ont foulé avec leurs pieds, furent salués par les Grecs, comme est rapporté dans le premier Livre des Maccabéens : « Antiochos envoya des lettres…, qu’on empêchât de célébrer le Shabbat et les fêtes solennelles; qu’on souillât les choses saintes et le Saint peuple d’Israël;… il ordonna qu’on bâtît des autels et des temples, et qu’on dressât des idoles, et qu’on sacrifiât la chair des pourceaux et des animaux impurs, qu’on laissât les enfants mâles incirconcis, et qu’on souillât leurs âmes par toutes sortes d’impuretés et d’abominations, de sorte qu’ils oubliassent la loi et qu’ils renversassent toutes les Ordonnances de D-ieu; et si quelqu’un n’obéissait pas selon la parole du roi Antiochos, il devait mourir…, et on brûla dans le feu les Livres de la loi de D-ieu, après les avoir déchirés; et si l’on trouvait chez quelqu’un les livre de D-ieu, et si quelqu’un observait la loi de D-ieu,  on l’égorgeait selon l’édit du roi…, les femmes qui avaient circoncis leurs fils étaient égorgées, selon l’ordre du roi Antiochos; on pendait les enfants par le cou dans toutes leurs maisons, et on égorgeait ceux qui les avaient circoncis. Alors des hommes nombreux du peuple d’Israël préférèrent mourir plutôt que de se souiller par des mets impurs; et ils ne voulurent pas violer la loi sainte de D-ieu, et ils furent égorgés ».

Étant donné qu’il s’agissait d’une guerre pour préserver la religion, une « guerre sainte », Hachem a choisi la tribu de Lévy, qui fut toujours exceptionnellement zélée pour la religion. C’est leur ancêtre Lévy (avec son frère Shimon) qui prenait à cœur l’humiliation faite à Dina; c’est Pinh’as, l’ancêtre de Matitya, qui fut zélé pour rétablir l’ordre après l’épisode de la débauche, et c’est cette tribu qui dans le désert, pendant l’épisode du veau d’or et encore d’autres occasions, s’est distingué avec de la fougue. La Haftara citée devienne ainsi compréhensible. Les fils du Grand-prêtre Josué avaient épousé des femmes non aptes aux Cohanim, ainsi ses petits-enfants ne seront donc pas Cohen, et ne pourront pas menés la guerre contre les Grecs. L’ange recommande alors au prophète d’exhorter Josué et ses enfants à la piété, enfin qu’ils se séparent de leur femmes ; ils le font en effet (Ezra, 10, 18). Puis Zéharia devait transmettre à Zorobabel, que la prochaine grande guerre ne sera pas gagné par la force, mais par l’Esprit saint qui résidera sur les Cohanim, la famille de Matitya, qui allumeront le chandelier au Temple. Le livre de Maccabéens rapporte d’ailleurs, que toutes les batailles commandées par un des frères de Hasmonéens furent gagnées, et celles par une personne « en dehors de la famille choisi par D-ieu pour cette guerre », se sont soldées par un échec. Comment connaissait-il la famille « que D-ieu avait choisi », si ce n’est pas grâce à cette Haftarah ?

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