La Paracha de Vayechev

Dvar Thora traduit à partir du Sefer « ושלל לא יחסר ».

Traduction : Rav Guetta Yaakov

Il est écrit dans notre paracha (chapitre 37, verset 22) : Réouven leur dit (à ses frères) : « Ne versez pas le sang, jetez le (yossef) dans ce puits qui est dans le désert, et ne portez pas la main sur lui ! Afin de le sauver de leurs mains, pour le ramener à son père ». Que signifie l’expression : « afin de le sauver de leurs mains » ?
Rachi Zatsal nous explique que le Rouah Akodech porte ici témoignage que Réouven n’a dit cela que pour le sauver, car il viendra pour le retirer du puits. A ce propos, une question se pose cependant : »pourquoi a-t-on besoin du Rouah Akodech portant ici témoignage ; n’est ce pas que le verset 29 prouve bien déjà cela, comme il est dit : « Réouven retourna au puit, et voici, point de Yossef dans le puit, il déchira alors ses vêtements ».

En quoi, avons-nous alors besoin du Rouah Akodech attestant de cette intention pure de Réouven à l’égard de Yossef ?
Le gaon Rabbi Eliahou Chama explique que le Rouah Akodech était néanmoins nécessaire pour retirer l’éventuel léger soupçon qui pourrait s’éveiller en nous au départ lorsque Réouven avait annoncé à ses frères : « Ne versez pas le sang ! Jetez le dans ce puits ».

En effet, à cet instant précis, avant que la Thora elle-même ne raconte le retour de Réouven au puit, nous nous serions peut être trompés en pensant que Réouven agiterait en lui de mauvais plans et intentions à l’égard de Yossef ; c’est donc bien pour cela que dés le départ, le Rouah Akodech témoigna que Réouven n’avait comme intention que de sauver Yossef des mains de ses frères.

Selon cette explication, le Rav Chama commente un midrach troublant citant : « Les mandragores ont produits leurs odeurs », cette phrase du Chir Achirim fait allusion d’après le Midrach à Réouven au moment où il alla sauver Yossef. « Et à nos portes se trouvent toutes sortes de douceurs », ces termes font allusion aux lumières de Hanouca qu’on allume aux portes de nos maisons (ou de nos cours).

Quel peut bien être le lien entre la tentative de sauvetage de Yossef par Réouven et l’allumage de Hanouca ?

Hors, après avoir vu qu’il était nécessaire que le Rouah Akodech témoigne des intentions pures de Réouven à l’égard de Yossef, repoussant ainsi le moindre soupçon qu’on risquait d’avoir sur Réouven à l’égard de son jeune frère, on peut s’interroger : « D’où voyons-nous qu’il y a lieu de prendre en compte même les légers soupçons ? »

A ce sujet, le Guémara dans Chabbat (p23.) nous rapporte : Rav Houna a dit : « Si quelqu’un habite dans une maison donnant sur une cour et que cette maison a 2 portes ouvertes sur la cour (et que la cour elle même ait aussi 2 ouvertures sur la voie publique), sa maison requiert 2 lumières de Hanouca, une pour chaque entrée. Et Rava a dit à propos de cela : « on n’a dit cet enseignement que dans le cas où les 2 portes s’ouvrent sur 2 façades de la maison (Ex : si une porte était située sur le coté nord et l’autre sur le coté est). Mais si les 2 portes s’ouvrent dans la cour sur la même façade, il n’est pas nécessaire d’allumer une lumière à chaque porte. Et la Guémara de demander : « quelle est la raison de cette règle ? » si nous disons que c’est à cause de la suspicion (c.a.d que Rav Houna craignait que les gens passant par la cour ne voient qu’une seule lumière, et pensent que l’intérieur de la maison est divisée en 2 unités d’habitation et que seul un des 2 occupants observe la mitsva
de Hanouca, la suspicion de qui craignons nous ?

Si nous disons qu’il s’agit de la suspicion du monde à l’extérieur (c.a.d des voyageurs venus d’une autre ville et qui passent par la cour), dans ce cas, même si les 2 portes sont situées sur une façade de la maison, il devra aussi allumer une lumière pour chaque porte (puisque ces étrangers ne savent pas comment cette maison est agencée, ils pourraient croire qu’elle est divisée à l’intérieur en 2 appartements, et que l’un des 2 occupants n’observe pas la mitsva). Et s’il s’agit de la suspicion des gens de la ville, qui savent que la maison n’appartient qu’à une seule famille, dans ce cas, même si les portes s’ouvrent sur 2 façades différentes, il ne devrait pas non plus avoir besoin d’allumer 2 lumières. Quelle est donc la raison de l’enseignement de Rav Houna ?

En vérité, Rav Houna a fixé cette règle à cause de la suspicion des gens de la ville car, parfois ils passent devant cette porte et ne passent pas devant cette autre porte et, ne voyant pas la lumière de Hanouca à la porte du coté où ils sont passés, ils peuvent dire : « De même, à cette porte la de l’autre côté de la maison, il n’a pas allumé la lumière de Hanouca. Puisqu’une partie des gens de la ville pourrait nourrir une telle suspicion, Rav Houna a exigé qu’une lumière soit allumée à chaque porte.

La Guémara redoute donc même un petit soupçon. Selon ce principe, le midrach s’explique alors admirablement bien : « Les mandragores ont produits leurs odeurs, c’est une allusion à Réouven au moment où il voulut sauver Yossef car en disant à ses frères de jeter Yossef dans le puit, le Rouah Akodech a témoigné que Réouven avait de bonnes intentions à l’égard de son jeune frère, écartant ainsi les mauvais soupçons qu’on aurait pu avoir sur lui. Et si tu demandes : « Comment pourrions nous avoir ces soupçons puisque la suite des versets nous raconte que Réouven alla sauver Yossef ? » Je te répondrai alors : « Afin de retirer ne serait ce que les petits soupçons qu’on aurait eu tout au départ sur Réouven » et si tu t’obstines à demander : « Mais d’où voyons nous que même un leger soupçon nécessite une action pour le repousser ? ». Réponse du midrach : « A nos portes se trouvent toutes sortes de douceurs, allusionnant la lumière de Hanouca dont on voit qu’on a le devoir de la mettre à chaque porte (Coté nord et est) afin de repousser même le moindre soupçon qui pourrait planer sur quelqu’un.

Hanouca Saméa’h à tout le Klal Israël

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